Sur nos écrans, les débats politiques censés éclairer l’opinion se transforment trop souvent en pugilats verbaux. Les soi-disant “communicateurs” de partis politiques, invités à défendre le point de vue de leurs formations, peinent à maîtriser les dossiers qu’ils abordent.
Au lieu d’arguments solides, ils servent des approximations, des slogans creux et, faute de mieux, des invectives qui abaissent le niveau du débat. Cette dérive, loin d’honorer les partis qu’ils représentent, pousse certains leaders à descendre eux-mêmes dans l’arène médiatique pour sauver l’image de leur camp.
Mais que révèle ce spectacle désolant sur la santé de notre vie politique et sur la qualité de notre démocratie médiatisée?
Les plateaux télévisés devraient être des espaces de pédagogie politique, où les citoyens trouvent des clés pour comprendre les enjeux du pays.
Or, ce que l’on observe, c’est une succession de discours improvisés, où les intervenants semblent découvrir les sujets en direct. Les téléspectateurs, au lieu d’être éclairés, ressortent avec plus de confusion que de clarté. Les “communicateurs” deviennent des figurants bruyants, incapables d’incarner la rigueur intellectuelle que requiert le débat public.
Quand les idées manquent, les mots dérapent. Les échanges se réduisent à des attaques personnelles, des propos orduriers, des insinuations qui n’apportent rien au fond des discussions.
Cette stratégie de diversion, qui consiste à masquer l’absence d’arguments par le vacarme, abîme l’image des partis et décrédibilise leurs représentants. Elle trahit aussi un mépris pour le public, considéré comme une masse à divertir plutôt qu’à instruire.
Face à ce naufrage communicationnel, certains chefs de partis — surtout dans l’opposition — choisissent de prendre eux-mêmes la parole. Ils comprennent que laisser le terrain médiatique aux “communicateurs” improvisés revient à offrir une image désastreuse de leur camp.
Leur présence directe sur les plateaux est une tentative de restaurer la crédibilité, de montrer que le débat peut être mené avec sérieux et hauteur de vue. Mais cette solution reste un aveu d’échec: celui d’une classe politique incapable de former des porte-parole dignes de ce nom.
Ce spectacle télévisé révèle aussi une faiblesse structurelle: la politique est trop souvent réduite à un affrontement de clans, sans souci de pédagogie ni de profondeur.
Les citoyens, qui devraient être les premiers bénéficiaires de ces débats, se retrouvent privés d’explications claires sur les enjeux économiques, sociaux ou institutionnels. La démocratie se nourrit de débats éclairés; or, ce que nous voyons, c’est une démocratie affamée, privée de substance.
Tant que les plateaux télé resteront des arènes où l’on confond communication avec agitation, la politique continuera de perdre en crédibilité. Les “communicateurs” autoproclamés ne sont pas des pédagogues, mais des pyromanes verbaux. Et si les leaders doivent eux-mêmes descendre dans l’arène pour sauver l’image de leurs partis, c’est bien la preuve que la maison politique brûle….
YAMAINA MANDALA
