Quelques jours après l’adoption de la réforme constitutionnelle par l’Assemblée nationale, des députés de l’opposition sénégalaise maintiennent leur contestation. Réunis en conférence de presse ce vendredi à Dakar, ils ont dénoncé des irrégularités dans la procédure d’adoption du texte et annoncé la poursuite de leurs démarches pour remettre en cause le processus ayant conduit à son adoption.
Face aux médias, les élus de l’opposition ont affirmé que les conditions dans lesquelles les débats parlementaires se sont déroulés ne leur ont pas permis de défendre pleinement leurs positions. Selon eux, le temps consacré à l’examen de la réforme était insuffisant pour permettre un débat approfondi sur les différentes dispositions du projet.
« Nous n’avons pas pu nous exprimer », a déclaré la présidente du groupe parlementaire de l’opposition, estimant que les échanges au sein de l’Assemblée nationale n’ont pas répondu aux exigences d’un débat parlementaire complet.
Les députés ont également dénoncé l’expulsion d’un élu de l’opposition lors de la séance plénière du 29 juin. D’après eux, cet incident a marqué le déroulement des travaux et a conduit les groupes parlementaires de l’opposition à ne pas prendre part au vote qui a abouti à l’adoption de la réforme.
Adopté le 29 juin par la majorité parlementaire, le texte prévoit plusieurs modifications dans l’organisation des institutions de l’État. Parmi les principales mesures figurent une nouvelle répartition de certaines compétences entre les pouvoirs publics ainsi que la création d’une Cour constitutionnelle.
Les responsables de l’opposition ont indiqué qu’ils poursuivraient leurs actions pour contester la procédure d’adoption de la réforme. Ils prévoient notamment de rencontrer des représentants diplomatiques et d’autres partenaires afin de leur exposer leur lecture des événements ayant entouré le vote.
Pour sa part, la majorité parlementaire soutient que la réforme a été adoptée dans le respect des règles en vigueur. Elle estime que les changements proposés permettront d’améliorer le fonctionnement des institutions du pays.
Quelques jours après son adoption par l’Assemblée nationale, la réforme constitutionnelle continue ainsi d’alimenter le débat politique au Sénégal, où majorité et opposition restent profondément divisées sur les conditions de son examen et de son adoption.
Pemba Munganga
