À cinq jours de la marche annoncée par la plateforme d’opposition C64 en direction de la Cité de l’Union africaine, siège de la Présidence de la République, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont rappelé à leurs militaires leur obligation de neutralité politique. Dans un communiqué publié par l’État-major général, l’armée insiste sur son caractère républicain et appelle ses éléments à agir avec discipline, retenue et professionnalisme.
Signé par le porte-parole ad intérim des FARDC, le lieutenant-colonel Mongba Hazukay Mak, le communiqué rappelle que la mission fondamentale de l’armée demeure la défense de la Nation, la protection de la population ainsi que la préservation de l’intégrité territoriale, conformément au serment militaire.
Le haut commandement souligne que les débats et les activités politiques relèvent exclusivement des institutions compétentes et ne doivent en aucun cas impliquer les forces armées.
« Les FARDC doivent demeurer apolitiques, impartiales et entièrement au service de la République et du peuple congolais », indique le communiqué.
Cette mise au point intervient dans un contexte de fortes tensions politiques à l’approche de la manifestation annoncée pour le 8 juillet par la plateforme C64, qui regroupe notamment Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund et Delly Sessanga. Les organisateurs prévoient une marche jusqu’à la Cité de l’Union africaine pour réaffirmer leur opposition au projet de révision ou de changement de la Constitution porté par le pouvoir.
L’appel des FARDC intervient également après les incidents enregistrés lors de précédentes manifestations de l’opposition, marquées par des violences et des affrontements dans certains points de la capitale. À travers cette communication, le commandement militaire rappelle à ses éléments leur devoir de réserve et leur obligation de rester au service des institutions de la République, sans prendre part aux rivalités politiques.
Ce communiqué est publié alors que le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle continue d’alimenter les tensions entre le pouvoir et l’opposition. Dernière évolution en date, le Parlement a adopté la loi organique sur le référendum, une étape institutionnelle importante qui alimente les discussions autour d’un éventuel changement de la Constitution et renforce la mobilisation annoncée par les forces politiques opposées à cette initiative.
Jonathan Mavambu
