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Dans plusieurs paroisses de la République démocratique du Congo, un phénomène préoccupant secoue l’Église catholique: certains prêtres, à l’exception des missionnaires qui vivent réellement leur vœu de pauvreté, semblent davantage attirés par les biens matériels que par leur mission spirituelle.

Défiant l’autorité de leurs évêques, flirtant avec les avances des politiciens en quête d’influence, et parfois même menant une double vie avec femmes et enfants, ces abbés s’éloignent dangereusement des dispositions du droit canonique.

Le cas récent de prêtres à Kananga, dans le Kasaï central, illustre une dérive qui interroge sur la fidélité au serment d’obéissance et sur l’avenir du sacerdoce dans un contexte miné par les antivaleurs.
La vocation sacerdotale repose sur trois piliers: l’obéissance, la chasteté et la pauvreté. Pourtant, dans certaines paroisses, ces engagements semblent relégués au second plan.

Des prêtres, séduits par les promesses matérielles, n’hésitent plus à s’opposer frontalement à leurs évêques. Le droit canonique, qui encadre strictement la vie des clercs, est souvent ignoré, au profit d’alliances douteuses avec des acteurs politiques. Ces derniers, conscients de l’influence de l’Église sur la société, exploitent les failles pour tenter de diviser la communauté catholique.


À Kananga, plusieurs abbés ont adopté un comportement jugé incompatible avec leur mission, en se laissant happer par les logiques clientélistes, acceptant de servir de relais aux ambitions des politiciens. Ces pratiques, loin d’honorer le sacerdoce, fragilisent la crédibilité de l’Église et choquent les fidèles, même si beaucoup considèrent ces attitudes comme un «non-événement».


Ce comportement désobligeant est d’autant plus visible que les missionnaires étrangers, fidèles à leur vœu de pauvreté, offrent un contraste saisissant. Leur vie simple et leur dévouement rappellent ce que devrait être l’essence du sacerdoce: un service désintéressé, centré sur la communauté et non sur l’accumulation de biens. Face à cette comparaison, les abbés congolais en quête de privilèges apparaissent comme des contre-exemples, alimentant un malaise grandissant.


L’Église catholique en RDC se trouve à un carrefour. Les prêtres qui s’écartent de leur serment devront tôt ou tard faire un choix clair: revenir à l’obéissance et à la discipline canonique, ou quitter le sacerdoce pour mener une vie conforme à leurs aspirations personnelles. Pour les fidèles, la foi reste intacte, car elle ne repose pas sur les faiblesses humaines, mais sur une espérance plus grande.

L’avenir de l’Église congolaise dépendra donc de sa capacité à rappeler à ses prêtres que le sacerdoce n’est pas un privilège, mais un engagement total au service de Dieu et de son peuple.


YAMAINA MANDALA

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