Le président du parti Ensemble pour la République, Moïse Katumbi, a appelé les Congolais à observer une journée « ville morte » le 3 juin à travers le pays. Cette initiative, selon lui, vise à dénoncer la dégradation de la situation sécuritaire, particulièrement dans l’Est de la République démocratique du Congo, ainsi que les difficultés sociales auxquelles la population est confrontée.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, l’opposant a dressé un constat alarmant de la situation du pays. Il a notamment évoqué l’insécurité persistante, le manque d’accès à certains services de base et la détérioration des conditions de vie des Congolais. « Wapi mayi ? Wapi moto ? L’insécurité est quotidienne. Le social de la population n’est pas bon », a-t-il déclaré, estimant que la population traverse depuis plusieurs années une période particulièrement difficile.
Moïse Katumbi a appelé la population à suivre ce mot d’ordre de manière pacifique et responsable. Il a également demandé aux forces de sécurité et aux militaires de s’abstenir de toute répression à l’encontre des citoyens qui participeront à cette action, rappelant que leur rôle est d’assurer la protection de la population.
L’ancien gouverneur du Katanga a aussi évoqué le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle. Selon lui, cette question ne constitue pas une priorité au regard des défis sécuritaires et sociaux auxquels le pays est confronté.
Cet appel à une journée « ville morte » s’inscrit dans une dynamique de contestation portée par l’opposition. À travers cette mobilisation, celle-ci entend exprimer le mécontentement d’une partie de la population face à la situation sécuritaire et aux conditions de vie dans le pays.
La date du 3 juin n’est pas anodine. Elle a été retenue par la coalition de l’opposition C64, récemment mise en place, dans le cadre de sa campagne contre un éventuel projet de révision ou de changement de la Constitution. Cette plateforme réunit plusieurs figures de l’opposition congolaise, notamment Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sessanga.
La journée du 3 juin devrait ainsi constituer un test de mobilisation pour cette nouvelle coalition, alors que les débats autour de la gouvernance, de la sécurité et de l’avenir institutionnel du pays continuent d’alimenter la scène politique congolaise.
Jonathan Mavambu
