L’Église du Christ au Congo (ECC) a réuni, vendredi 5 juin, les principaux acteurs du débat sur le changement ou la révision de la Constitution afin d’entendre les arguments de la majorité au pouvoir et de l’opposition. Cette rencontre intervient dans un contexte de tensions politiques autour d’un projet qui divise la classe politique congolaise.
Au cours de cette audition, le professeur André Mbata et Augustin Kabuya ont défendu la position de la majorité présidentielle. Selon eux, certaines dispositions de l’actuelle Constitution limiteraient l’action du président de la République, Félix Tshisekedi, ce qui justifierait une révision du texte fondamental.
Face à eux, l’opposant Martin Fayulu a réaffirmé son rejet de toute initiative visant à modifier la Constitution. Il estime qu’un tel projet ne peut être envisagé alors que le pays fait face à une situation sécuritaire préoccupante dans l’Est de la République démocratique du Congo.
À l’issue de ces échanges, les responsables de l’ECC sont appelés à se prononcer sur cette question. Leur position officielle est attendue le dimanche 7 juin.
Parallèlement, l’opposition réunie au sein de la plateforme C64 poursuit sa mobilisation contre toute révision constitutionnelle. Elle prévoit notamment un sit-in devant l’Assemblée nationale le 12 juin. De son côté, la majorité continue sa campagne de sensibilisation auprès de la population en faveur de la réforme.
Cette initiative de l’ECC s’inscrit dans la continuité des démarches entreprises avec la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) après la chute des villes de Goma et de Bukavu au début de l’année 2025. Les deux confessions religieuses avaient alors lancé des consultations avec différentes composantes de la classe politique dans le cadre d’un projet de pacte social pour la paix.
Cette démarche de dialogue avait reçu l’appui de plusieurs acteurs de l’opposition, tandis que le pouvoir en place n’y avait pas adhéré.
Ephraïm Kafuti
