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À l’occasion du quatrième anniversaire de l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré, le journaliste burkinabè Inoussa Ouédraogo critique, depuis son exil, la gestion de la transition et les restrictions imposées à la liberté d’expression. Dans un entretien publié ce mercredi 30 septembre 2026, l’ancien directeur de publication de l’hebdomadaire Bendré revient notamment sur la situation de la presse et sur le bilan des quatre années de pouvoir du capitaine Traoré.

Ibrahim Traoré est arrivé au pouvoir le 30 septembre 2022, à la suite d’un coup d’État à Ouagadougou. Il avait alors présenté son arrivée au pouvoir comme une réponse à la progression des groupes jihadistes et à la situation sécuritaire du pays.

Depuis cette prise de pouvoir, la lutte contre les groupes armés reste au centre de l’action des autorités de transition. Le gouvernement burkinabè met notamment en avant les opérations militaires et les actions engagées pour renforcer la sécurité et reprendre le contrôle des zones touchées par les violences.

Le quatrième anniversaire de cette arrivée au pouvoir est marqué au Burkina Faso par plusieurs activités officielles. Les autorités ont notamment prévu une « Nuit de la Révolution progressiste populaire » le 30 septembre à Ouagadougou, ainsi que des activités dans les régions et dans les représentations diplomatiques du pays.

Dans son entretien, Inoussa Ouédraogo consacre une partie de ses propos à la liberté de la presse et à l’expression publique. Il affirme que les restrictions visant les voix critiques ne permettent pas, selon lui, de répondre aux difficultés auxquelles le pays est confronté.

« Ce n’est pas en bâillonnant son propre peuple qu’on le libère », déclare le journaliste.

Ancien directeur de publication de Bendré, Inoussa Ouédraogo a également dirigé la Société des éditeurs de la presse privée du Burkina Faso. Il vit aujourd’hui en exil et intervient depuis l’étranger sur la situation politique et médiatique de son pays.

La liberté de la presse fait partie des questions soulevées depuis l’arrivée des militaires au pouvoir. Des médias ont fait l’objet de suspensions ou de restrictions, tandis que des journalistes ont été confrontés à des mesures affectant leur activité. Ces éléments font l’objet de critiques de la part de professionnels des médias et d’organisations de défense de la liberté de la presse.

Les autorités burkinabè mettent, de leur côté, l’accent sur la sécurité, la souveraineté et les résultats qu’elles attribuent à leur politique depuis 2022. En septembre 2026, le gouvernement a notamment présenté le mois anniversaire comme une période consacrée à la présentation des réalisations dans plusieurs secteurs, dont la sécurité, la défense, l’économie et la santé.

Quatre ans après le coup d’État du 30 septembre 2022, le bilan de la période reste donc marqué par plusieurs questions, notamment la situation sécuritaire, la gouvernance et les conditions d’exercice de la presse. Depuis son exil, Inoussa Ouédraogo apporte sa propre lecture de cette période, en mettant particulièrement l’accent sur la liberté d’expression et le fonctionnement de l’espace public.


Pemba munganga

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