Trente et une violations du droit international humanitaire ont affecté des structures de santé, une école, des personnes protégées et des sites protégés dans l’est de la République démocratique du Congo entre janvier et juin 2026, selon le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH). Ces incidents ont également compliqué les déplacements des travailleurs humanitaires et entraîné la suspension de certaines activités d’assistance.
Sur les 31 cas recensés, dix attaques ont visé des hôpitaux, une autre une école, tandis que 17 incidents ont concerné des personnes protégées et trois des sites protégés. Ces faits ont été enregistrés dans plusieurs zones touchées par les violences.
Les acteurs humanitaires ont eux-mêmes été confrontés à des menaces, des enlèvements, des pillages et des braquages. Ces incidents ont limité les déplacements des équipes et de leurs équipements, réduisant leur capacité à atteindre certaines populations ayant besoin d’assistance.
Au Sud-Kivu, dix membres de Médecins sans frontières (MSF) ont notamment été menacés le 1er mai alors qu’ils se rendaient de Bukavu à Mwenga pour évaluer les besoins sanitaires. Leur déplacement a été temporairement interrompu.
À la suite de cet incident, MSF a suspendu ses activités à Mwenga-centre et renoncé à certains déploiements prévus à Kamituga et Kitutu, selon les informations reprises dans le bilan du BCNUDH.
Les difficultés d’accès ne sont toutefois pas uniquement liées aux attaques. Le BCNUDH signale également des barrières illégales, des restrictions de circulation, des taxes appliquées à certaines importations humanitaires ainsi que des procédures administratives susceptibles de retarder le déplacement des équipes et l’acheminement du matériel.
Ces obstacles surviennent alors que les besoins restent importants dans les provinces touchées par les conflits. Entre janvier et juin 2026, le BCNUDH a recensé 2 607 violations des droits humains ayant fait 5 032 victimes dans les provinces affectées par les violences.
Le bilan fait également état de difficultés d’accès aux soins médicaux et à d’autres formes d’assistance pour certaines victimes. Les restrictions de circulation et l’insécurité compliquent notamment l’intervention des organisations humanitaires dans plusieurs zones.
Les problèmes de sécurité visant les acteurs humanitaires avaient déjà été signalés avant cette période. En mars 2026, une responsable de la MONUSCO avait fait état de dix incidents visant des acteurs humanitaires depuis décembre 2025.
Dans les zones où les violences persistent, l’accès humanitaire dépend donc directement des conditions de déplacement des équipes et de la sécurité des infrastructures et des moyens utilisés pour apporter l’aide. Les attaques et autres restrictions peuvent entraîner le retard ou l’arrêt temporaire de certaines opérations destinées aux populations touchées par les conflits.
Pemba Munganga
