À l’ouverture de la deuxième édition du Salon de l’Hôpital à Kinshasa, le Vice-Premier ministre de l’Économie nationale a défendu une vision où la santé n’est plus seulement une question sociale, mais un facteur de croissance économique. Un plaidoyer qui intervient alors que les acteurs du secteur réfléchissent aux innovations capables d’améliorer durablement les soins en RDC.
La santé est appelée à devenir un moteur de croissance en République démocratique du Congo. Réunis jeudi 30 juillet à Kinshasa à l’occasion de la deuxième édition du Salon de l’Hôpital, les décideurs publics, les professionnels de santé et les partenaires techniques ont mis l’accent sur la nécessité d’investir davantage dans le système sanitaire pour soutenir le développement du pays. Invité d’honneur de la rencontre, le Vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a estimé que le renforcement de la couverture santé universelle constitue désormais un enjeu économique autant que social.
Intervenant lors du panel consacré au « Dividende démographique et au financement durable de la Couverture Santé Universelle », le ministre a défendu l’idée qu’une population en bonne santé représente un véritable capital pour l’économie nationale.
« Une économie forte ne repose pas uniquement sur les richesses du sous-sol, mais avant tout sur la qualité du capital humain », a-t-il affirmé. Selon lui, l’amélioration de l’espérance de vie contribue directement à la productivité de la population active, stimule la croissance du Produit intérieur brut et renforce l’attractivité du pays auprès des investisseurs.
Pour Daniel Mukoko Samba, la santé est aujourd’hui devenue un indicateur économique à part entière. « La longévité et la bonne santé de la population figurent désormais parmi les critères observés par les investisseurs internationaux », a-t-il expliqué, avant d’appeler à la mise en place d’un véritable pacte national destiné à accroître les investissements dans le secteur sanitaire et à assurer un financement pérenne de la couverture santé universelle.
Cette vision a trouvé un écho dans le discours d’ouverture prononcé par Romain Muboyayi, directeur de cabinet du ministre de la Santé publique, Roger Kamba. Représentant ce dernier, il a rappelé que l’innovation hospitalière demeure un levier essentiel pour améliorer la qualité des soins et rapprocher les services de santé des populations. Il a également souligné que le thème retenu cette année, « Gagner deux ans d’espérance de vie chaque année », traduit une ambition que le gouvernement juge atteignable grâce à la modernisation progressive de l’écosystème sanitaire congolais.
La cérémonie s’est ouverte par une minute de silence en hommage aux victimes de la maladie à virus Ebola dans l’Est du pays, rappelant que les défis sanitaires restent au cœur des préoccupations nationales.
Au-delà des échanges en conférence, le Salon met en lumière les évolutions du secteur hospitalier congolais. Les visiteurs découvrent des équipements médicaux de nouvelle génération, des solutions numériques de paiement des soins, des services de soins à domicile, des formations aux premiers secours ainsi que des motos-ambulances médicalisées destinées à améliorer les interventions de proximité.
Plusieurs établissements de référence, dont le Centre hospitalier Monkole, l’Hôpital du Cinquantenaire, l’Hôpital militaire de la Garde républicaine et les Cliniques universitaires de Kinshasa, y présentent leurs innovations. Le Conseil national de la Couverture Santé Universelle participe également à l’exposition pour mettre en avant les réformes engagées en faveur d’un meilleur accès aux soins.
Plus qu’une simple vitrine technologique, cette deuxième édition du Salon de l’Hôpital illustre la volonté des autorités de faire converger politiques publiques, innovation médicale et investissements privés autour d’un même objectif : bâtir un système de santé capable d’améliorer durablement les conditions de vie des Congolais tout en soutenant les ambitions économiques du pays.
La rédaction
