La Russie a réitéré son engagement à accompagner l’Alliance des États du Sahel (AES) dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et de rivalités d’influence au Sahel. En recevant les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a dénoncé les « puissances étrangères » qui chercheraient, selon lui, à « saper la cohésion » de cette coalition née en 2023.
Lavrov a assuré que Moscou resterait un partenaire « jusqu’au bout », insistant sur un modèle de coopération fondé sur le « respect mutuel ». Il a également promis la poursuite du soutien militaire, un axe central du rapprochement entre la Russie et les régimes militaires sahéliens. « Moscou continuera à soutenir le renforcement des capacités opérationnelles des forces armées des États membres de l’AES », a-t-il déclaré, confirmant la volonté russe de s’inscrire durablement dans la recomposition stratégique de la région.
Le ministre russe a également transmis un message personnel de Vladimir Poutine : le président russe souhaite accueillir les dirigeants des trois pays lors du prochain sommet à Moscou. Une invitation qui s’inscrit dans la dynamique de rapprochement diplomatique et militaire amorcée depuis le retrait des forces françaises et européennes du Sahel.
L’appui russe à l’AES intervient dans un moment où les trois États cherchent à consolider leur alliance politique et sécuritaire, tout en affirmant leur souveraineté face aux anciennes puissances partenaires. La Russie, déjà très présente au Mali via des instructeurs militaires et des accords de défense, entend élargir son influence à l’ensemble de la coalition.
Pour les pays de l’AES, ce soutien représente une alternative stratégique, mais aussi un pari : celui de s’appuyer sur un partenaire extra‑continental pour stabiliser des territoires confrontés à des insurrections persistantes et à des défis économiques majeurs.
Ce rapprochement suscite des réactions contrastées. Certains observateurs y voient une diversification bienvenue des partenariats, tandis que d’autres s’inquiètent d’une dépendance accrue à l’égard de Moscou et des implications géopolitiques d’une présence russe renforcée au Sahel.
Dans tous les cas, l’annonce de Lavrov confirme une tendance lourde : la Russie entend jouer un rôle central dans la nouvelle architecture sécuritaire sahélienne, au moment où l’AES cherche à consolider son unité et à affirmer son autonomie stratégique.
Djodjo NKOSI
