1906-2026 : la Gécamines totalise cette année 120 ans d’existence. Durant plus d’un siècle, le fleuron industriel congolais a fait preuve d’une résilience et d’une capacité de transformation remarquables.
Au deuxième jour de la DRC Mining Week, ce jeudi 18 juin 2026, le Directeur Général de la Gécamines a dévoilé les nouvelles ambitions de la société. Celle-ci aspire à se repositionner comme une entreprise minière de référence, tant en Afrique que sur la scène internationale. Une question cruciale se pose dès lors : comment compte-t-il inscrire la Gécamines dans un environnement global devenu extrêmement compétitif ?
Le nouveau Directeur Général, Baraka Kabemba, est convaincu que l’entreprise traverse un moment charnière de son histoire.
« Nous faisons face à des enjeux majeurs et, dans ce contexte, la Gécamines a un rôle absolument central à jouer. Notre ambition est très claire : nous souhaitons repositionner la Gécamines comme une entreprise minière de référence. Je regardais récemment un classement des cinq cents plus grandes entreprises africaines. La Gécamines y figure, mais je pense sincèrement que son potentiel est largement supérieur à sa position actuelle », a-t-il déclaré avec fierté.
Deux impératifs pour une nouvelle ère
Le véritable défi de cette relance consiste à concilier deux impératifs majeurs.
D’une part, la Gécamines demeure une entreprise publique, investie d’une mission économique, sociale et sociétale forte. D’autre part, elle doit impérativement atteindre les standards de performance opérationnelle des plus grandes sociétés minières internationales.
Pour trouver cet équilibre, le nouveau comité managérial a élaboré un plan stratégique de relance articulé autour de cinq axes principaux.
- La stratégie opérationnelle
À la fin de l’année 2025, la Gécamines tirait encore l’essentiel de ses revenus de ses participations dans différentes coentreprises. Si ce modèle par dividendes a permis à l’entreprise de traverser des périodes difficiles, il est temps d’évoluer. Le nouveau modèle économique vise à remettre progressivement la production propre au cœur des activités.
« Cela passera par un vaste programme d’exploration, de recherche géologique et de développement de nouveaux projets miniers. Évidemment, cela nécessite des moyens financiers importants. Notre bilan reste suffisamment solide pour mobiliser des financements conséquents. La question n’est donc pas tant de savoir si les financements existent, mais plutôt de savoir comment les structurer intelligemment », a souligné Baraka Kabemba.
Au-delà des fonds propres, le DG reste convaincu que l’entreprise peut mobiliser davantage de financements locaux à long terme, tout en recourant aux marchés internationaux via des mécanismes de syndication bancaire capables de soutenir durablement ces projets. - La valorisation des partenariats
Il ne s’agit pas de remettre systématiquement en cause les alliances existantes, mais de mieux les optimiser.
« Nous sommes des partenaires responsables et des actionnaires actifs. En tant que Directeur général, mon rôle est de veiller à ce que l’entreprise obtienne un juste retour de l’exploitation de ses actifs. Chaque partenariat doit être évalué objectivement afin de s’assurer que les intérêts de la Gécamines sont pleinement préservés », a-t-il insisté.
L’objectif n’est pas de rompre les contrats, mais de créer les meilleures conditions pour maximiser les opérations minières tout en garantissant une rémunération équitable des ressources appartenant à l’État congolais. - La stratégie commerciale
L’enjeu est ici de renforcer l’empreinte de la Gécamines sur les marchés internationaux. Des discussions sont déjà engagées avec des négociants internationaux pour développer des partenariats commerciaux modernes et orientés vers la création de valeur.
« À terme, nous souhaitons que la Gécamines ne soit plus seulement un détenteur d’actifs miniers, mais également un acteur reconnu dans la commercialisation internationale de ses produits. Cette évolution représente un enjeu majeur de souveraineté économique. Elle exigera des discussions parfois complexes, mais elle est indispensable si nous voulons permettre à la Gécamines de retrouver toute sa place dans la chaîne de valeur mondiale », estime Baraka Kabemba. - La modernisation organisationnelle
Bien que centenaire, l’organisation de la Gécamines doit s’adapter pour rester compétitive face aux géants miniers mondiaux. Le plan prévoit donc un important travail d’analyse, de réorganisation interne et de modernisation des processus de gestion. - La transition énergétique
La Gécamines dispose d’actifs au potentiel considérable dans ce secteur d’avenir. C’est notamment le cas de sa filiale STL (Société de Terril de Lubumbashi), qui s’impose aujourd’hui comme l’un des plus importants producteurs mondiaux de germanium. Ce minerai est devenu hautement stratégique pour les nouvelles technologies et la transition énergétique mondiale.
Le leadership de la Gécamines affiche ainsi la ferme ambition d’inscrire pleinement l’entreprise dans cette nouvelle dynamique industrielle mondiale.
Annie Ngomamvula
