Dans un pays où les entreprises publiques devraient constituer le socle de la souveraineté économique, les mandataires censés les diriger semblent avoir oublié leur mission première. Nommés sur proposition des leaders de leurs partis politiques membres de l’Union sacrée de la nation, ils se comportent moins comme des gestionnaires que comme des militants. Au lieu de se consacrer au redressement de ces unités de production, ils passent leur temps à multiplier les déclarations tonitruantes pour soutenir le pouvoir en place, transformant les réseaux sociaux en tribunes permanentes. Une dérive inquiétante qui mérite d’être dénoncée.
Tout le monde sait que les mandataires publics ne sont pas choisis sur la base de leurs compétences managériales, mais sur recommandation de parrains politiques. Cette logique clientéliste a transformé les entreprises publiques en prolongements des partis, où la loyauté politique prime sur la performance économique. Résultat : ces entreprises végètent, incapables de générer des profits substantiels pour le Trésor public.
Au lieu de se concentrer sur la gestion, ces mandataires se livrent à une surenchère verbale. Sur les plateaux de télévision, dans les meetings ou sur les réseaux sociaux, ils rivalisent de slogans pour défendre le pouvoir. Certains, cumulant leurs fonctions avec un siège au Parlement, passent plus de temps à pérorer qu’à administrer. Cette posture est indigne de leur statut : un mandataire public n’est pas un propagandiste, mais un gestionnaire responsable.
Pendant que leurs dirigeants s’agitent sur la scène politique, les entreprises publiques s’effondrent. Il suffit de parcourir le dernier rapport du FMI pour s’en rendre compte. Les infrastructures vieillissent, les dettes s’accumulent, les salaires ne sont pas payés et les services à la population se dégradent. L’État perd des milliards de dollars chaque année, faute d’une gouvernance efficace. Le contraste est saisissant : plus les mandataires parlent, moins leurs entreprises produisent.
Il est temps d’interpeller ces mandataires publics. Leur rôle n’est pas de commenter l’actualité politique ni de défendre leurs mentors, mais de faire fonctionner les entreprises publiques et de générer des profits au bénéfice du Trésor public. La République ne peut plus tolérer que ses unités de production soient transformées en tribunes partisanes. Le pays a besoin de gestionnaires compétents, pas de porte-voix politiques.
YAMAINA MANDALA
