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Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et Sécurité, Jacquemain Shabani, a fermement mis en garde la Coalition Article 64 (C64) contre son projet de rencontre à Goma avec l’ancien président Joseph Kabila. Le patron de la Sécurité territoriale brandit la menace de poursuites judiciaires, évoquant une violation flagrante des lois de la République en plein contexte de crise sécuritaire.

Le précédent de Goma invoqué

Dans sa déclaration, Jacquemain Shabani a établi un parallèle direct avec le parcours de l’ancien chef de l’État. Selon lui, Joseph Kabila s’était initialement rendu à Goma sous un prétexte fallacieux de recherche de la paix, avant qu’il ne soit révélé qu’il avait pris la tête d’un mouvement rebelle.
Le ministre estime que les opposants de la C64 tentent aujourd’hui de recycler le même argument pour légitimer leur démarche. « C’est le même prétexte que certains responsables des partis politiques de l’opposition veulent reprendre aujourd’hui », a-t-il martelé.

Risque de poursuites judiciaires pour « collusion avec l’ennemi »

Le gouvernement congolais durcit le ton et rappelle que nul ne peut entrer en contact avec l’ennemi sans l’accord préalable de l’État. Jacquemain Shabani a explicitement accusé Joseph Kabila d’être le dirigeant du groupe supplétif qui épaule l’armée rwandaise dans les violences perpétrées dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le vice-Premier ministre prévient que toute tentative unilatérale des leaders de l’opposition de se rendre dans ces zones pour engager des discussions les exposerait aux rigueurs de la loi. Ils tomberaient notamment sous le coup de l’article 192 du Code pénal, passible de un à cinq ans de servitude pénale. Le ministère de l’Intérieur prévoit également de saisir les présidents des deux chambres du Parlement afin que les élus membres de cette coalition prennent leurs responsabilités face à ce qu’il qualifie d’« initiatives coupables ».

Un climat politique sous haute tension

Cette mise en garde intervient alors que les figures majeures de la C64 — parmi lesquelles Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Matata Ponyo — promeuvent une approche de dialogue national inclusif pour pallier la crise. Bien que la coalition ait manifesté la volonté de consulter d’abord le président Félix Tshisekedi à Kinshasa avant de s’entretenir avec Joseph Kabila, le régime en place y voit une interférence dangereuse dans les prérogatives diplomatiques et de défense du chef de l’État.
Jonathan Mavambu

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