Près d’un an après la tragédie qui avait endeuillé le site minier de Mulondo, dans le territoire de Mutshatsha, province du Lualaba, une solution vient d’être trouvée pour les exploitants miniers artisanaux. Le lundi 2 novembre 2026, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, s’est personnellement rendu sur le site pour superviser la réinstallation des membres de la coopérative minière COMIKAN. Cette opération ouvre une nouvelle perspective à plus de 25 000 exploitants concernés par l’interruption de leurs activités depuis plusieurs mois.

De la transition entre opérateurs à la tragédie de Mulondo
Autrefois exploité par CHEMAF, le site minier de Mulondo est passé sous le contrôle de PAJECLEM à la suite d’une cession. L’arrivée du nouvel opérateur industriel a été suivie de l’éviction des exploitants artisanaux qui y exerçaient leurs activités, les privant ainsi de leur principale source de revenus.
Le 15 novembre 2025, le site a été frappé par une tragédie. Un effondrement meurtrier a coûté la vie à plusieurs exploitants artisanaux, plongeant de nombreuses familles dans le deuil et suscitant une vive émotion au sein de la communauté minière du Lualaba.
Au-delà des pertes humaines, ce drame a mis en évidence la vulnérabilité des exploitants artisanaux, les difficultés liées à l’organisation des activités minières et l’urgence de trouver une solution durable à leur situation.
Un accident aérien qui a failli coûter la vie au ministre et à sa délégation
Deux jours après cette tragédie, soit le 17 novembre 2025, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait pris la direction de Kolwezi avec une importante délégation de son ministère afin de s’enquérir de la situation et de superviser la réponse des services compétents à cette catastrophe humaine.
Mais cette mission avait failli tourner à une seconde tragédie. À l’atterrissage à l’aéroport de Kolwezi, l’avion transportant le ministre et sa délégation avait effectué une sortie de piste avant de prendre feu. Le ministre et les membres de son équipe avaient heureusement réussi à évacuer l’appareil à temps. Tous étaient sortis indemnes de cet accident aérien.
Malgré cette épreuve, Louis Watum Kabamba et sa délégation avaient poursuivi leur mission. Le ministre avait participé aux échanges avec les autorités provinciales et les services concernés, avant de se rendre sur le site de Mulondo pour constater les conséquences du drame, dialoguer avec les acteurs concernés et apporter le réconfort du Gouvernement aux communautés affectées.
Du blocage à la recherche d’une solution durable
Face à cette situation devenue préoccupante, le ministre des Mines a privilégié une démarche progressive fondée sur la pédagogie, le dialogue, la concertation et le respect du cadre légal.
Le dossier nécessitait de concilier plusieurs impératifs : prendre en compte la situation des exploitants artisanaux, examiner les conditions de reprise des activités, préserver les intérêts de l’opérateur industriel et prévenir de nouveaux conflits liés à l’occupation du site.
Ce processus a mobilisé les services techniques concernés, notamment le Cadastre minier (CAMI) et le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), en collaboration avec le Cabinet du ministre et les autres parties prenantes.
L’objectif était de sortir d’une situation de blocage qui perdurait depuis de longs mois et de parvenir à un compromis concret, conciliant les impératifs économiques, sociaux et réglementaires.
Deux carrés miniers pour organiser la cohabitation entre industriels et artisanaux
Le dénouement de ce processus est intervenu le lundi 2 novembre 2026.
En déplacement sur le site de Mulondo, situé à environ 42 kilomètres au sud-est de Kolwezi, Louis Watum Kabamba, accompagné notamment du ministre provincial des Mines et de la commission interservices chargée de l’assainissement du secteur minier, a supervisé la réinstallation des exploitants artisanaux regroupés au sein de la coopérative COMIKAN.
À l’issue des discussions menées avec les différentes parties, PAJECLEM a accepté de mettre à la disposition de cette coopérative deux carrés miniers, afin de permettre la reprise des activités artisanales dans un périmètre clairement délimité.
Cet accord ouvre la voie à un nouveau modèle de cohabitation entre exploitation artisanale et exploitation industrielle. PAJECLEM poursuit ses activités sur le reste du site, tandis que les exploitants artisanaux disposent désormais d’un espace de travail identifié.
Sur place, le ministre a inspecté les installations et échangé avec les différents acteurs. Il a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue, la discipline, la responsabilité et le respect des engagements convenus.
L’enjeu est désormais de garantir une cohabitation pacifique, organisée et durable, dans le respect des droits et obligations de chaque partie ainsi que des dispositions légales et réglementaires en vigueur.
Plus de 25 000 exploitants concernés : des milliers de familles retrouvent l’espoir
La portée de cette décision dépasse largement les limites du périmètre minier.
Avec plus de 25 000 exploitants concernés, cette réinstallation représente une perspective de retour aux moyens de subsistance pour une importante communauté longtemps éprouvée par l’arrêt des activités.
Derrière chaque exploitant se trouve une famille, des enfants à scolariser, des besoins quotidiens à satisfaire et une économie locale à faire vivre.
C’est précisément cette dimension humaine qui donne à la résolution du dossier de Mulondo toute sa portée. Il ne s’agit pas seulement de permettre aux exploitants artisanaux de reprendre le travail, mais également de contribuer à la restauration de leur dignité et des perspectives économiques de milliers de familles.
La reprise des activités dans un cadre désormais mieux organisé constitue ainsi une avancée sociale et économique pour les communautés concernées.
Une gouvernance minière entre assainissement du secteur et impératifs sociaux
À Mulondo, la démarche conduite par Louis Watum Kabamba illustre une approche de gouvernance minière qui entend associer assainissement du secteur, dialogue entre les parties prenantes, sécurisation des activités et prise en compte des réalités sociales.
Elle s’inscrit dans la vision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, mise en œuvre sous la coordination de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, en faveur d’une gouvernance minière plus responsable, transparente et bénéfique à la population congolaise.
Du drame humain de novembre 2025, marqué également par l’accident aérien auquel le ministre et sa délégation avaient échappé alors qu’ils se rendaient au chevet des communautés affectées, à la solution concrétisée le 2 novembre 2026, le dossier de Mulondo aura traversé une longue période de tensions et d’incertitudes.
La mise à disposition de deux carrés miniers par PAJECLEM ouvre désormais une nouvelle perspective à plus de 25 000 exploitants concernés. Au-delà de la reprise des activités, cette issue rappelle que la gouvernance des ressources naturelles doit également prendre en compte les réalités humaines et les moyens de subsistance des communautés qui en dépendent.
Annie Ngomamvula
