Dans sa déclaration du 12 octobre, le FRN affirme vouloir rassembler et coordonner les forces opposées au pouvoir de Félix Tshisekedi. Le mouvement annonce vouloir combattre ce qu’il qualifie de « tyrannie », par tous les moyens, y compris la force. Il s’agit de la position exprimée par ses responsables.
La nouvelle structure accorde des postes de direction à plusieurs figures de l’ancienne coalition. Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa deviennent vice-présidents du FRN. Sultani Makenga, responsable militaire du M23, figure également parmi les dirigeants de cette nouvelle organisation.
Le changement annoncé modifie donc la direction politique et le nom de la coalition. Toutefois, les informations disponibles ne permettent pas d’établir que cette réorganisation entraîne, à elle seule, un changement des moyens militaires, des positions occupées dans l’est du pays ou des soutiens extérieurs attribués à l’ancien mouvement.
Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement
Au lendemain de l’annonce, le gouvernement congolais n’avait pas encore publié de réaction officielle à la création du FRN, selon Radio Okapi et Le Monde. Des responsables politiques ont néanmoins pris position sur cette initiative.
Le député national Peter Kazadi, ancien vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, a réagi à la désignation de Joseph Kabila. Dans une déclaration publiée le 12 octobre sur son compte X, il a estimé que cette nomination clarifiait le rôle de l’ancien président dans la rébellion. Il a également rappelé les accusations formulées précédemment par Félix Tshisekedi et certains acteurs internationaux concernant les liens présumés entre Joseph Kabila et l’AFC/M23.
De son côté, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a rappelé à l’ancien chef de l’État ses obligations constitutionnelles et contesté ses prises de position à l’égard des élus du peuple. Ces réactions interviennent alors que la création du FRN suscite également des désaccords au sein de l’entourage politique de Joseph Kabila.
Des conséquences encore à préciser
La création du FRN intervient alors que des négociations sont en cours à Doha pour tenter de mettre fin au conflit dans l’est de la RDC. La nouvelle organisation soulève notamment des questions sur la continuité des engagements pris par l’AFC/M23 dans le cadre de ces discussions et sur les relations entre ses responsables politiques et militaires.
Le document annonçant la création du FRN précise que la nouvelle structure succède à l’Alliance Fleuve Congo. Il ne détaille cependant pas séparément le statut du M23, qui formait avec l’AFC la coalition politico-militaire.
Les prochaines décisions de la nouvelle direction permettront de préciser le fonctionnement du FRN, ses rapports avec les groupes armés et sa participation éventuelle aux discussions de paix.
Pemba munganga
