« Chassez le naturel, il revient au galop ».
Après avoir, selon plusieurs accusations et controverses qui lui sont attribuées, tenté de faire passer auprès de l’État un projet lié à la création d’un groupe de patriotes dénommé « Wazalendo » dans la province du Tanganyika, le chef de secte mystico-religieuse Mukungubila se retrouve une nouvelle fois au cœur de vives interrogations. Son nom demeure associé, dans le débat public congolais, aux événements insurrectionnels de 2013, au cours desquels il avait été accusé d’avoir mobilisé et armé certains membres de sa secte dans le cadre d’une entreprise insurrectionnelle.
Ces événements avaient profondément marqué la République démocratique du Congo, particulièrement l’espace katangais, dans un contexte où les discours de conquête et de recomposition politique faisaient craindre une nouvelle déstabilisation de la région. Face à cette situation, les services de sécurité congolais étaient intervenus pour démanteler les réseaux insurrectionnels qui lui étaient attribués, avant que Mukungubila ne quitte le territoire national pour trouver refuge en Afrique du Sud.
Aujourd’hui, la résurgence de certaines initiatives qui lui sont attribuées dans le Tanganyika soulève de sérieuses préoccupations. Pour ses détracteurs, il s’agirait d’une nouvelle tentative de se dissimuler derrière le phénomène des Wazalendo afin de reconstituer une structure armée susceptible de servir des ambitions politiques ou territoriales pouvant, à terme, nourrir un projet de séparation du Katanga du reste de la République démocratique du Congo. Plus préoccupant encore, le chef de secte Mukungubila se présente, dans certains de ses discours, comme celui qui se proclamerait « roi du Congo » et « gardien de la terre congolaise ».
Une telle posture interpelle nécessairement dans un État régi par une Constitution et des institutions légalement établies. La République démocratique du Congo n’est ni une propriété privée ni un royaume : elle appartient à son peuple et est régie par ses institutions.
Il convient, à cet égard, de rappeler que la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationales relève des institutions de la République, sous l’autorité constitutionnelle du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Nul individu ne peut donc, de sa propre initiative, s’autoproclamer gardien exclusif de la terre congolaise ou s’arroger une quelconque souveraineté parallèle.
Une chose doit demeurer au-dessus de toute considération : le Katanga est et demeure une partie intégrante de la République démocratique du Congo. Aucune milice, aucune aventure armée, aucune ambition personnelle et aucune prétention mystico-politique ne peut légitimement remettre en cause l’unité, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République.
L’histoire devrait nous enseigner que les armes, lorsqu’elles sont instrumentalisées à des fins politiques, produisent davantage de souffrances que de solutions. Le Tanganyika, comme l’ensemble du Katanga et de la RDC, mérite la paix, la sécurité, la stabilité et le développement, et non le retour des logiques insurrectionnelles.
Dans ce contexte, toute initiative susceptible d’entretenir la confusion entre engagement citoyen, action communautaire et organisation armée mérite une attention particulière de la part des autorités compétentes et de l’opinion publique.
Chassez le naturel, il revient au galop : lorsqu’un passé marqué par la confrontation armée semble ressurgir sous de nouveaux habits, la vigilance citoyenne et institutionnelle devient plus que jamais nécessaire. Le débat doit cependant rester fondé sur des faits vérifiables, afin d’éviter les accusations gratuites et les amalgames, tout en préservant une exigence essentielle : celle de protéger la paix, l’unité nationale, la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo.
Saint Germain
