Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, a ordonné le retrait des militaires et des policiers présents illégalement dans les sites miniers à travers le pays. La mesure vise à mettre fin à la militarisation des zones d’exploitation minière et à renforcer le respect des règles encadrant le secteur.
L’instruction présidentielle a été donnée lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 10 juillet 2026 à Kinshasa. Le chef de l’État a chargé les autorités compétentes de prendre les dispositions nécessaires pour faire respecter cette décision.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, la présence des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC) dans les sites miniers n’est autorisée que lorsqu’elle répond à une mission légale ou à un ordre des autorités compétentes.
Les responsables des ministères de l’Intérieur et de la Défense nationale, ainsi que les commandements des FARDC et de la PNC, doivent veiller à l’application de cette mesure sur l’ensemble du territoire national.
Le retrait déjà engagé au Lualaba
Dans la province du Lualaba, les premières opérations de retrait ont été lancées quelques jours après l’annonce de la décision présidentielle. Le commandant de la 22ᵉ région militaire, le général Eddy Kapend, a notamment ordonné le retrait des militaires présents sur le site minier de Kisankala, dans le territoire de Lubudi.
Le général a également appelé les opérateurs miniers à ne plus recourir aux militaires pour assurer la sécurité de leurs installations, régler des conflits privés ou intervenir dans des différends liés à l’exploitation minière.
Malgré ces mesures, la présence de militaires continue d’être signalée sur certains sites miniers du Lualaba, notamment dans plusieurs carrés de la région de Kisankala.
La société civile appelle à une application effective
La décision présidentielle est saluée par certaines organisations de la société civile. L’ONG Justicia ASBL estime toutefois que son efficacité dépendra de son application concrète sur le terrain.
« Cette décision doit s’accompagner d’une réelle volonté politique pour garantir son application effective », a déclaré Timothée Mbuya, président de Justicia ASBL, cité par Radio Okapi.
De son côté, le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE) s’est dit disposé à accompagner la mise en œuvre de cette mesure.
Alors que Kinshasa veut mettre fin à la présence illégale des forces de sécurité dans les sites miniers, l’enjeu reste désormais celui de l’application effective de la décision présidentielle sur l’ensemble du territoire national.
Pemba Munganga
