La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a lancé, jeudi 23 juillet à Kisangani, un appel à un renforcement immédiat de la riposte contre la maladie à virus Ebola, alors que la Tshopo vient d’enregistrer ses premiers cas. Face au risque d’une extension de l’épidémie vers d’autres provinces, le gouvernement mise sur un contrôle renforcé des mouvements de population, une détection plus rapide des malades et une intensification de la sensibilisation des communautés.
Cette visite intervient dans un contexte où la 17ᵉ épidémie d’Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo. Déclarée il y a deux mois, elle touche désormais cinq provinces — l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo — tandis que les autorités tentent de contenir sa propagation malgré des difficultés logistiques, financières et sécuritaires.
À Kisangani, la cheffe du gouvernement a estimé que les premiers résultats de la riposte sont encourageants. Le nombre de personnes guéries, a-t-elle souligné, montre que les dispositifs de prise en charge commencent à produire leurs effets grâce au travail conjoint du gouvernement et de ses partenaires.

« Ça donne véritablement de l’espoir et montre que cette question est aujourd’hui bien prise en charge avec l’appui de nos partenaires (…) un important travail est en cours afin de nous assurer que la maladie ne se répande pas », a déclaré Judith Suminwa.
Pour empêcher l’apparition de nouveaux foyers, le gouvernement prévoit de renforcer les contrôles sanitaires aux principaux points d’entrée et de sortie du territoire. Une surveillance particulière sera également mise en place le long du fleuve Congo, axe stratégique reliant plusieurs provinces du pays.
« Nous devons contrôler au niveau des points d’entrée et de sortie, y compris tout au long du fleuve Congo. Il y a un mécanisme qui se met en place pour cela », a indiqué la Première ministre.
Judith Suminwa a par ailleurs appelé la population à ne pas interpréter l’augmentation des cas détectés comme un signe d’échec de la riposte. Selon elle, cette évolution traduit aussi une meilleure identification des personnes infectées grâce au renforcement du dépistage et aux campagnes de sensibilisation.
« Le fait qu’on ait connaissance de plus de cas signifie que la sensibilisation marche », a-t-elle expliqué.
La Première ministre a insisté sur la nécessité pour les personnes présentant des symptômes ou ayant été en contact avec un malade de se signaler rapidement afin de bénéficier d’une prise en charge précoce, rappelant que celle-ci réduit considérablement les risques de décès.
Elle a également invité les relais communautaires à poursuivre les campagnes d’information pour combattre les idées reçues autour de la maladie et encourager les populations à collaborer avec les équipes sanitaires.
Pour le gouvernement, la maîtrise de la situation en Tshopo revêt un enjeu particulier. Carrefour reliant l’Est du pays à Kinshasa par voie fluviale et terrestre, la province constitue un point de passage majeur dont la sécurisation sanitaire est considérée comme essentielle pour éviter une diffusion du virus à l’échelle nationale.
Pendant que les autorités renforcent les mesures de prévention, la riposte continue toutefois de faire face à plusieurs obstacles. En Ituri, épicentre de l’épidémie, les grèves des personnels de santé, les retards de paiement, les difficultés de travail et les attaques de groupes armés contre certains centres de traitement ralentissent les opérations. Autant de défis que le gouvernement devra surmonter pour espérer contenir cette nouvelle flambée d’Ebola.
La rédaction
