La France a accepté de réduire significativement sa présence militaire au Gabon, ne maintenant sur place qu’environ 100 soldats. Historiquement, le contingent français dans le pays comptait jusqu’à 1 200 militaires, avant de passer progressivement à 380, puis d’être ramené à ce nouvel effectif minimal.
Cette décision s’inscrit dans le cadre des discussions menées lors de la visite du président de la transition gabonais, Brice Oligui Nguema, à Paris. À l’issue de ces échanges, le président français Emmanuel Macron a également validé la restitution au Gabon du camp militaire de Gaulle, vaste installation stratégique située à Libreville et longtemps considérée comme l’un des symboles de la présence militaire française en Afrique centrale.
La réduction du contingent s’accompagne d’une mesure forte : la dissolution du 6e bataillon d’infanterie de marine (6e BIMa), unité emblématique de l’armée française en Afrique. Ce bataillon, installé depuis des décennies au Gabon, jouait un rôle central dans la coopération militaire bilatérale et dans la projection des forces françaises dans la région.
Cette restructuration marque une nouvelle étape dans la redéfinition de la politique française en Afrique, amorcée depuis plusieurs années et accélérée par les évolutions politiques dans plusieurs pays du continent.
Pour Libreville, la restitution du camp de Gaulle et la réduction des effectifs traduisent une volonté de renforcer la souveraineté nationale tout en maintenant une coopération militaire avec la France, mais sur des bases rééquilibrées.
Pour Paris, ce repositionnement répond à une stratégie plus large de réduction des implantations permanentes au profit de partenariats plus flexibles et ciblés.
Le départ de la majorité des troupes françaises et la dissolution du 6e BIMa marquent la fin d’une époque. Le Gabon, longtemps considéré comme l’un des piliers de la présence militaire française en Afrique, entre dans une nouvelle phase où la coopération se veut moins intrusive et davantage centrée sur les besoins exprimés par les autorités gabonaises.
Djodjo NKOSI
