La République démocratique du Congo a franchi une nouvelle étape dans la préparation du budget-programme avec la clôture, mercredi, des conférences de performance consacrées à l’examen des Projets annuels de performance (PAP) qui accompagneront le projet de loi de finances de l’exercice 2027. La cérémonie de clôture a été présidée par Élysé Bokumwana, représentant le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito.
Dans son intervention, le vice-ministre a indiqué que les conclusions de ces travaux serviront de base aux prochaines conférences budgétaires, une étape déterminante dans l’élaboration du budget de l’État pour l’exercice 2027.
« Le rapport final de ces conférences constituera un apport aux conférences budgétaires. La réussite de la réforme du budget-programme repose avant tout sur notre capacité collective à nous mobiliser, à nous corriger et à avancer ensemble, dans un dialogue permanent entre les équipes techniques et la hiérarchie », a déclaré Élysé Bokumwana.
Les conférences ont réuni 53 administrations sur les 57 attendues. Sous la conduite des secrétaires généraux et de leurs représentants, les délégations ministérielles ont examiné les stratégies sectorielles, les objectifs, les indicateurs de performance, les résultats attendus, ainsi que l’évolution des crédits budgétaires et des effectifs.
Au total, les participants ont analysé 171 programmes, 624 actions, 231 objectifs stratégiques, 700 objectifs opérationnels et 1 612 indicateurs de performance. Cet exercice a permis d’évaluer la qualité des projets présentés, d’identifier plusieurs insuffisances techniques et méthodologiques et de formuler des recommandations afin de les rendre conformes aux exigences du budget-programme.
Présentant le rapport de synthèse, Alain Lubamba a relevé plusieurs défis, notamment la concentration de plus de 60 % des crédits dans le programme « Administration générale », la faiblesse de certains indicateurs de performance, des stratégies sectorielles encore insuffisamment développées, des tableaux budgétaires incomplets ainsi que le besoin de renforcer les capacités des équipes techniques.
L’analyse des indicateurs montre que 35 % mesurent l’efficacité socio-économique des politiques publiques, 10 % évaluent la qualité des services rendus aux citoyens et seulement 0,5 % portent sur l’efficience de la gestion publique. À l’inverse, 54,5 % des indicateurs restent orientés vers les moyens mobilisés ou les activités réalisées plutôt que vers les résultats obtenus.
Les travaux mettent toutefois en évidence des progrès dans la mise en œuvre de la réforme. Selon les données présentées, 71 % des objectifs de performance et 67 % des indicateurs ont été introduits pour la première fois, traduisant une appropriation progressive de l’approche fondée sur les résultats par les administrations publiques.
À l’issue des conférences, les participants ont recommandé de poursuivre le renforcement des capacités des acteurs du budget-programme, d’améliorer la qualité des indicateurs en privilégiant ceux axés sur les résultats et l’efficience, de renforcer la vulgarisation des textes réglementaires et d’améliorer la coordination entre les cabinets ministériels, les secrétariats généraux et les services techniques.
Selon Alain Lubamba, ces assises ont permis d’évaluer le niveau de préparation des administrations publiques à la réforme budgétaire, de valider les Projets annuels de performance destinés à accompagner le projet de loi de finances 2027 et de consolider la culture de la performance au sein de l’administration publique.
Cette édition constitue l’avant-dernière conférence de performance avant l’entrée en vigueur du budget-programme, prévue le 1er janvier 2028. Cette réforme, plusieurs fois reportée depuis les moratoires accordés en 2018 puis en 2023, vise à orienter davantage les dépenses publiques vers l’atteinte de résultats mesurables et l’amélioration de la qualité des services rendus à la population.
Jonathan Mavambu
