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Le département de recherche en Économie et Finance, DREF en sigle, du CRESH, entendez : Centre de Recherche en Sciences Humaines, a organisé, 2 juillet en leur siège situé sur l’avenue Comité Urbain, dans la commune de Gombe, à Kinshasa, une conférence scientifique autour du thème : souveraineté économique de la RDC à l’épreuve du néo-colonialisme : bilan, enjeux et perspectives, 66 ans après l’indépendance.


Pour sa meilleure décortication, ce thème riche en contenu, les organisateurs l’ont voulu articulé en trois sous-thèmes avec, sur la table des orateurs, trois professeurs d’université, chacun expert en la matière : le professeur André Omanga a parlé de ce que devrait être le rôle de l’État congolais face aux pressions économiques extérieures ; ses deux homologues, Aimé Manzongo et Fortunat Ekomozele, ont abordé chacun, respectivement parlant, la question de la souveraineté alimentaire comme pillier de la souveraineté économique et celle de l’extraversion de l’économie congolaise comme facteur inhibiteur de la souveraineté économique de la RDC.

À en croire le professeur Omango, il était question durant cette conférence de tracer les perspectives de la RDC de demain, une RDC dans laquelle l’État ne doit pas être démissionnaire, mais plutôt savoir assumer son rôle d’accompagnateur des efforts de ses entrepreneurs tant agricoles, industriels que ceux qui évoluent dans les services. Une RDC de demain dans laquelle il devra désormais faire face aux pressions économiques extérieures, en balayant d’un revers de la main les endettements, les conditions de négociation de contrats avec « ces » puissances occidentales ainsi que leur imposition des prix sur nos minerais.

« L’État doit arriver à faire face à ces chocs extérieurs et à s’autodéterminer pour définir librement et souverainement la politique de développement de ses choix », a-t-il souligné durant la session des questions et reponses ayant fait suite aux propos liminaires.

Pour ce qui est du parténariat actuel entre la République Démocratique du Congo et le pays de Donald Trump, le professeur appelle au respect de clauses par les deux parties.

« Il faudra que nous puissions y veiller et être capables à la fois de nous assumer et d’assurer notre destin », a-t-il tranché.

Le professeur Aimé Manzongo, qui a parlé après lui, a, dans son approche de la question relative à la souveraineté alimentaire comme pillier de la souveraineté économique, placé l’accent sur la nécessité pour la RDC de songer désormais à relancer son agriculture locale, en assurant, de proche en proche, l’encadrement des paysans congolais.

« Il nous faut donc des moniteurs agricoles comme ceux qui ont existé à l’époque, avec comme rôle, celui d’aider les paysans à assurer une bonne production. Il faut que l’État soit le fournisseur principal des sémences améliorées aux paysans. Aujourd’hui avec le dérèglement climatique, il y a un problème de résilience. Il nous faut donc à cet effet des sémences adaptées aux dérèglements climatiques. Il y a également la problématique du financement pour l’entrepreneuriat agricole », a-t-il fait savoir.

Il a à cet effet encouragé l’État congolais à pouvoir fînancer davantage l’effort entrepreneurial des Congolais qui évoluent dans le ́’champ’́ agricole afin de les aider à faire face au déficit alimentaire qui prévaut dans le pays.

« Ça va nous aider à nous autosuffire jusqu’à être en mesure d’exporter nos excédents. Il faut donc que l’État mette en place les infrastructures routières ainsi que des moyens d’évacuation des produits agricoles vers les lieux de leur consommation », a-t-il souligné.

Il a dans ce même ordre des choses demandé que soit réopérationnalisé l’Office des Voiries et des Dessertes Agricoles qu’il a constaté tombé dans la léthargie et il souhaite par ce fait que son rôle soit renforcé.

« Que l’État y mette suffisamment les moyens pour nous aider à mettre fin à la situation qui prévaut à l’heure actuelle et à résorber la faim qui sévit parmi les populations congolaises par manque de souveraineté », a-t-il relevé.

Dans sa défînition du concept, il a parlé de ce dernier comme étant un problème de volonté politique de notre État qui doit s’engager corps et âme dans la voie de la relance agricole.

« Le problème de développement économique de notre pays, c’est d’abord un problème congolais, la FAO par exemple pourrait seulement venir en appui », a-t-il fait la part de choses.

Le facteur à la base du ralentissement de la dite souveraineté, le professeur Fortunat Okomozele, qui est intervenu en dernier lieu, l’a trouvé dans le caractère hyper-extraverti de l’économie congolaise, une économie, a-t-il expliqué, plus tournée vers l’extérieur.

Pour monsieur Danny Muliongo du CRESH, qui nous a fait l’honneur de repondre à notre interview à la fin, l’État congolais doit consentir d’énormes efforts et mettre en place des stratégies qu’il faut en vue de booster tant soit peu sa souveraineté tant alimentaire qu’économique, sans oublier celle du domaine de ses ressources naturelles.

« Cette souveraineté ne doit pas s’arrêter au niveau national, mais plutôt aller jusqu’à l’international par le moyen des exportations de ses excédents », a-t-il souhaité.

Saint-Germain Ebengo

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