La ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, a été auditionnée mercredi 10 juin par la commission Environnement, Tourisme, Ressources naturelles et Développement durable de l’Assemblée nationale. Cette séance, tenue dans la salle des Banquets du Palais du Peuple sous la présidence du député Adrien Bokele, a marqué la reprise des travaux de cette commission parlementaire.
Après une présentation du cadre de l’audition par le président de la commission, la ministre a exposé la situation du secteur des hydrocarbures en République démocratique du Congo ainsi que les principales orientations de sa politique.
Au cours de son intervention, Acacia Bandubola a rappelé que la RDC dispose d’importantes réserves pétrolières et gazières, tant offshore, sur la côte atlantique et dans le bassin de la branche ouest du Rift est-africain, qu’onshore, notamment dans le bassin côtier et celui de la cuvette centrale.
Selon elle, les blocs pétroliers déjà en production et ceux destinés à l’exploitation représentent une opportunité pour renforcer la souveraineté énergétique du pays et accroître les recettes publiques. Elle a également indiqué que la demande intérieure en produits pétroliers, notamment l’essence, le gasoil, le Jet A1, le gaz de pétrole liquéfié (GPL) et le fuel lourd, est en croissance sous l’effet de l’urbanisation, de l’activité minière et du développement des besoins logistiques.
La ministre a toutefois souligné plusieurs défis qui freinent le développement du secteur. Parmi eux figurent un cadre légal jugé peu attractif, le manque de ressources humaines qualifiées dans certains domaines, l’absence de capacités de raffinage local, l’insuffisance des infrastructures de stockage, la forte dépendance aux importations, la faiblesse du réseau de transport par canalisation, le manque de voies d’accès dans certaines régions du pays, les fraudes ainsi que le vieillissement des infrastructures existantes.
Face à ces difficultés, Acacia Bandubola a réaffirmé sa volonté de renforcer la lutte contre la fraude et la contrebande des produits pétroliers. Elle a indiqué que cette démarche se traduit notamment par des descentes régulières sur le terrain afin d’évaluer directement les réalités du secteur et de prendre les mesures adaptées.
La ministre a également évoqué le renforcement du cadre réglementaire ainsi que la mise en place d’une commission mixte chargée de vérifier les documents administratifs avant leur délivrance.
À l’issue de son exposé, les députés membres de la commission ont soulevé plusieurs préoccupations liées notamment à la hausse des prix du carburant, à sa rareté sur certains marchés et aux conséquences économiques qui en découlent.
Estimant que les questions posées nécessitaient des réponses détaillées, la ministre d’État a sollicité un délai de 24 heures afin de préparer ses éléments de réponse avant la poursuite des échanges avec les élus nationaux.
Saint-Germain Ebengo
