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La journée « ville morte » observée ce mercredi à l’appel de l’opposition a eu des effets variables à travers la ville de Kinshasa. Alors que plusieurs grands magasins et établissements commerciaux sont restés fermés dans différentes communes de la capitale, une partie importante du secteur informel a poursuivi ses activités, notamment dans les marchés de proximité et les quartiers populaires.

Dans plusieurs centres d’affaires et sur certains axes commerciaux, les rideaux sont restés baissés durant une grande partie de la journée, entraînant un ralentissement visible de l’activité économique. En revanche, les marchés de quartier ont continué à fonctionner dans plusieurs zones de la capitale. Les vendeuses de produits vivriers, communément appelées « mamans maraîchères », ont maintenu leurs activités afin d’assurer l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires.

Les petits commerces et de nombreux vendeurs ambulants ont également été présents dans les rues. Pour une grande partie de ces acteurs du secteur informel, l’interruption des activités représente une perte de revenus difficile à supporter.

« Moi, je suis un homme du taux du jour. Si je ne sors pas, les enfants n’auront rien à manger le soir », a déclaré un vendeur ambulant rencontré dans la capitale.

Cette situation met en évidence la dépendance de nombreux ménages kinois aux revenus quotidiens générés par le commerce informel pour couvrir leurs besoins essentiels.

Dans la commune de Bumbu, située dans le centre-sud de Kinshasa, les bureaux administratifs sont restés ouverts. Toutefois, les services de transport en commun étaient moins nombreux qu’à l’accoutumée. Jusqu’aux environs de 13 heures, les mouvements de foule habituellement observés dans ce secteur étaient également réduits.

Avenue mafuta près de la maison communale de Bumbu

À l’arrêt de bus situé près de la maison communale de Bumbu, une aide-soignante de l’Hôpital général de référence de Kinshasa, anciennement Maman Yemo, attendait depuis plusieurs minutes un moyen de transport pour rejoindre son lieu de travail.

« Je suis là depuis un moment, il n’y a pas de transport », a-t-elle expliqué.

Cette professionnelle de santé a indiqué avoir choisi de se rendre au travail malgré les difficultés de déplacement.

« Même si je suis contre le changement de la Constitution, je ne peux pas rester à la maison. Nous nous occupons de la santé des autres. Si nous refusons de travailler, nous allons laisser les gens sans soins », a-t-elle déclaré.

Aux abords du bâtiment de la maison communale, une présence visible des forces de police a été constatée. Les agents étaient déployés pour assurer le maintien de l’ordre public.

Si certains secteurs ont suivi le mot d’ordre de l’opposition, d’autres ont poursuivi leurs activités habituelles. Cette situation a donné à Kinshasa l’image d’une mobilisation aux effets contrastés selon les zones de la ville et les catégories d’acteurs économiques.

Jonathan Mavambu

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