À Goma, dans la province du Nord-Kivu, l’administration installée par le M23/AFC a instauré de nouvelles taxes dites d’« assainissement », visant plusieurs secteurs d’activités, dont les églises et les petits commerces. Selon des sources locales, les montants exigés varient entre 5 000 et 600 000 francs congolais, tandis que certaines églises doivent désormais payer jusqu’à 100 000 FC par mois.
Présentée par les autorités locales comme une mesure destinée à améliorer la salubrité publique, cette nouvelle grille fiscale suscite de nombreuses réactions au sein de la population. Dans un contexte marqué par l’insécurité, les déplacements de populations et les difficultés économiques, plusieurs habitants dénoncent une pression financière supplémentaire.
Des responsables religieux et des opérateurs économiques affirment que ces taxes risquent d’affecter leurs activités. Certains commerçants craignent des fermetures, faute de moyens pour faire face aux nouvelles obligations. Des représentants d’églises estiment également que ces prélèvements pourraient réduire leur capacité d’assistance aux fidèles touchés par la crise humanitaire.
Dans plusieurs quartiers sous contrôle du M23/AFC, des habitants évoquent une multiplication des taxes et des restrictions, ainsi qu’un manque de services publics de base. Pour une partie de la population, cette mesure intervient dans un climat déjà difficile sur le plan social et économique.
Face à cette situation, des organisations locales de la société civile demandent une évaluation de l’impact de ces taxes sur les communautés. Elles appellent également les autorités concernées à prendre des mesures de protection en faveur des populations civiles, conformément aux dispositions nationales et internationales en matière de droits humains.
Djodjo NKOSI
