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Depuis plus de trois semaines, plusieurs avenues du quartier Kauka, dans la commune de Kalamu à Kinshasa, sont privées d’eau potable. La coupure, survenue début avril sans annonce officielle, a laissé les robinets à sec et plongé les habitants dans une crise qui perturbe fortement leur quotidien.

Selon des témoignages recueillis sur place, l’absence d’eau s’est installée brusquement. « On s’est réveillé un matin et il n’y avait plus rien. On pensait que ça reviendrait dans la journée. Trois semaines après, on en est toujours au même point », explique un habitant de l’avenue Sécurité.

Face à cette situation, les conséquences sont nombreuses. Dès 4 heures du matin, de longues files se forment autour des rares points d’approvisionnement. Les enfants arrivent en retard à l’école, souvent chargés de bidons. Le stockage d’eau dans des conditions précaires augmente les risques sanitaires, tandis que les dépenses des ménages grimpent. Sur le marché informel, le prix du bidon de 25 litres a nettement augmenté.

Les activités économiques locales sont également touchées. Des restaurateurs et coiffeurs des avenues Prévoyance, Centrale et Contonier affirment avoir réduit, voire suspendu leurs services faute d’eau.

Ce samedi 2 mai, un camion-citerne a été déployé pour une distribution d’urgence. L’arrivée du véhicule a attiré des centaines de résidents munis de bassines et de bidons. Si cette intervention a apporté un soulagement temporaire, elle reste insuffisante. « Un camion pour tout un quartier, ça ne couvre même pas une journée de consommation. Demain on recommence à courir », déplore Patrick, père de famille.

Quartier Kauka/ photo by rédaction Pro veritate.

Contacté, un agent technique de la regideso, ayant requis l’anonymat, évoque une panne majeure sur la conduite principale alimentant la zone. Des travaux de réparation seraient en cours, mais aucune date de rétablissement n’a été communiquée.

En attendant une solution durable, les habitants dénoncent le manque d’information et l’absence de calendrier clair. Dans le quartier Kauka, la vie s’organise désormais autour des bidons et des camions-citernes, une réalité devenue difficile à supporter pour des familles qui réclament un accès normal à l’eau potable.

Isaac Musinga